Dans le taxi qui m'emmène à l'aéroport, je ne peux empêcher mes larmes de couler.
Le chauffeur m'observe à la dérobée dans son rétroviseur, visiblement désolé.
Avec mes quelques mots d'égyptien je lui dis ma peine de quitter son pays.
Maalesh me dit-il, ce n'est pas grave, sans doute a-t-il raison, je sais au fond de moi que je reviendrai mais le temps va me sembler interminable...
Je regarde par la vitre Le Caire qui défile, les rues sont presque désertes à cette heure avancée de la nuit, les immenses panneaux publicitaires lumineux de chaque côté de la route donnent à la ville un air de fête, qui contraste étrangement avec mon cœur si lourd...
Les formalités de départ accomplies, je prends place dans l'avion qui en décollant va m'arracher à cette terre, que je ressens tellement mienne...
Je ne peux détacher mon regard du hublot, les dernières lumières cairotes s'éloignent et je laisse les souvenirs m'envahir ...
Encore un séjour bien rempli, des témoignages d'amitié comme je n'en rencontre que là-bas !
Au fil du temps ces amitiés se sont encore renforcées, et ces relations sincères me font dire que sur la terre des pharaons, j'ai des amis frères et sœurs plus proches que liés par le sang.
Je suis heureuse également d'avoir constaté les progrès accomplis par ma si chère Egypte. Des travaux pharaoniques ont métamorphosé le Caire, principalement à Héliopolis où les rues étroites ont laissé la place à des artères larges, pas moins de 4 x 4 voies, la circulation est désormais fluide, les véhicules en oublient le sacro-saint klaxon, des ponts enjambent les rues pour aérer encore le trafic.
Sur le terre-plein central les palmiers ont repris leur place et des parterres de fleurs agrémentent les bas-côtés.
Une ligne de métro a été prolongée jusqu'au cœur d'Héliopolis et permet l'accessibilité au plus grand nombre.
Toutes ces transformations montrent que l'Egypte est en pleine croissance et je m'en réjouis !
Ce n'est pas simple de développer un pays de 100 millions d'âmes, mais les égyptiens sont patients et prêts à de nombreux sacrifices pour voir leur pays retrouver sa splendeur d'antan ...
C'est à tout cela auquel je pense, alors que l'avion a pris de l'altitude et que l'Egypte s'éloigne de moi ... mais pas de mon âme dont j'ai laissé une grande partie sur cette terre aimée.
Une violente tempête m'attend en France, et l'appareil malmené par des vents latéraux mettra deux heures pour atterrir dans des conditions très difficiles ...
Une amie trouvera les mots justes :
- C'est l'Egypte qui ne voulait pas te laisser partir !
Qui sait ? Quand l'amour est partagé, les séparations sont cruelles.
Attends-moi Masr ! Je reviendrai très vite ! Inshaa Allah
Ana masria